Court-pendu, Gueule de mouton, Cwastresses, Belles-fleurs, Jacques Lebel, Altesse simple, Beurré Lebrun, etc. La simple évocation de ces noms doit rappeler bien des souvenirs à certains d’entre nous.
Nos vergers traditionnels constituent un patrimoine naturel et biologique important. Permettant l’accueil d’une faune exceptionnelle au sein de paysages agricoles simplifiés à outrance, diversifiant nos paysages, produisant des denrées alimentaires,… ils ont beaucoup pour plaire.Ils disparaissent pourtant peu à peu de nos campagnes. Les vieux arbres sont éliminés ou ne sont pas remplacés. Ces arbres semblent ne plus avoir leur place dans nos modes de productions modernes et il est vrai qu’ils ont perdus leurs usages traditionnels. Depuis 1950, ce sont ainsi plus de 99,9% des arbres qui ont disparus.

La disparition de ces arbres, associés aux autres transformations agricoles et urbanistiques, n’a pas été sans conséquences sur les populations animales et végétales de nos campagnes. De plus, nous nous retrouvons maintenant à manger des fruits uniformisés enrobés d’un délicieux cocktail de –cides, sans oublier la disparition irréversible de nombreuses variétés fruitières autrefois appréciées.
Ce n’est pas de nostalgie du passé qu’il est question ici mais bien de santé humaine et de sauvegarde de notre diversité biologique.

Le verger traditionnel est toujours utile ! Mobilisons-nous et agissons !

AD&N a l’ambition de mettre en place un ou deux nouveaux vergers d’arbres à hautes tiges par an. Ce projet auquel nous réfléchissons depuis 2008 s’est concrétisé en 2014 et se poursuit depuis los au gré des contacts que nous avons avec divers propriétaires de terrains et agriculteurs.
AD&N organise également des formations sur la thématique du verger : taille, plantation, greffe, etc. Les « Matinées du fruitiers », organisées 2 fois par an, en sont le meilleur exemple.
Contrairement à ce que l’on croit, le verger peut être compatible avec l’agriculture moderne moyennant une bonne réflexion lors de la mise en place du projet. En diversifiant le milieu agricole et les productions sur l’exploitation, le verger est un des maillons d’une « agriculture durable ».


Projet de vergers conservatoires.

Outre la plantation d’arbres de variétés traditionnelles, nous tentons de sauvegarder les variétés locales « bien de chez nous ». Il s’agit tout d’abord de les trouver et de les identifier. Ensuite, il fait assurer la survie de ces variétés en les greffant pour donner de nouveaux arbres. Un verger conservatoire est donc un verger rassemblant ces variétés. AD&N a mis en place son premier verger conservatoire digne de ce nom en 2017 à Mont. Nul doute que d’autres verront le jour.
Saviez-vous que quatre variétés de pommes « theutoises » ont déjà été découvertes et sauvées in extremis ? Il s’agit de la Belle de Theux, de la Reinette haute Bonté, de la Becotti et de la pomme Edouard de Rondehaye.
Télécharger ici l’article décrivant notre verger conservatoire, paru dans notre revue annuelle de 2018.

Un important enjeu « biodiversité »

Le verger, c’est un milieu intermédiaire entre la prairie et la forêt. Pas étonnant dès lors que nous y retrouvons une riche diversité biologique. De plus, les arbres fruitiers ont une tendance à présenter des cavités très intéressantes pour les chauves-souris, les oiseaux (chouette chevêche, mésanges, rougequeue à front blanc, etc) et de très nombreux insectes. Il est intéressant de noter que, parmi ces espèces, nombreuses sont celles qui sont reconnues comme « utiles » pour l’agriculture.
Malheureusement, ces espèces sont bien souvent en déclin, ne trouvant plus d’abris où nicher ou de sources de nourriture.