Pressions anthropique et destruction volontaire

Contrairement à d’autres régions d’Europe, la Belgique ne possède aucun habitat ni aucun milieu endémique, tout comme elle ne possède que très peu d’espèces endémiques (notons tout de même un petit coléoptère cavernicole Tychobythinus belgicus, la Joubarde d’Aywaille Sempervivum funcki var aqualiense et, dans une moindre mesure, le Brome des Ardennes Bromus bromoideus). Cependant, compte tenu de sa faible superficie, de nombreux habitats s’y retrouvent ainsi que de nombreuses espèces animales et végétales. Ces habitats méritent une attention particulière dans notre petit pays car ils sont soumis à une pression anthropique énorme responsable de la dégradation, de la fragmentation des milieux et, in fine, de leur destruction totale.

Avec près de 2 wallons à l’hectare, notre environnement est continuellement attaqué de toute part et nos paysages s’en trouvent radicalement modifiés. Si pendant des millénaires, les hommes ont transformé le milieu à leur guise, la Nature a toujours su s’adapter vu la lenteur du phénomène. Mais aujourd’hui, nous avons atteint une vitesse de croisière dans ce domaine qui a largement dépassé les capacités d’adaptation de la Nature.

 

Conséquences

La détérioration et la destruction des habitats provoquent une diminution  des populations animales et végétales présentes, entraînant l’apparition d’une végétation pauvre en espèces (parfois introduites) mais adaptées à ces nouvelles conditions : nous assistons alors à une banalisation du paysage et une érosion de la biodiversité. Ensuite vient la disparition d’espèces qui étaient auparavant bien en place ; l’hétérogénéité naturelle d’autrefois disparait. La fragmentation des habitats, que provoquent notre densité de population croissante et notre rythme de vie, est responsable quand à elle de l’isolement de petits morceaux d’habitats qui deviennent progressivement inaptes à l’accueil de la biodiversité initiale du fait d’une superficie trop réduite et d’un manque d’échanges entre populations. Les populations se retrouvent en effet isolées dans des sites « sauvages » séparés par de vastes espaces anthropisés.

Ajoutons à cela toutes les pollutions, la disparition des anciennes pratiques agropastorales, les prélèvements excessifs,… et il est aisé de comprendre que la diversité biologique, telle que nous la connaissons actuellement, a du souci à se faire. Face à ce constat, de nombreuses mesures ont été prises les dernières décennies et des statuts légaux de protection ont été mis en place : les Parcs Naturels, les RNOB, les RF, les ZSC, les ZPS,… et, plus récemment, les sites Natura 2000.
Si ADN s’est donné pour objet principal de renforcer le maillage écologique local (limitant ainsi la fragmentation des habitats), nous agissons également sur les sites naturels et sub-naturels reconnus ou non par un statut légal en mettant en œuvre des gestions appropriées pour assurer la conservation de ces habitats et des espèces qui leur sont liées.
Ces habitats font partie de notre patrimoine naturel, il est donc de notre devoir, en tant que citoyens responsables, de les protéger et d’en assurer la pérennité. Comme le disait si bien St-Exupéry : « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

 

A Theux



Sur Theux se trouvent ainsi des réserves naturelles tel Le Rocheux, des sites Natura 2000 tel le Staneux et 6 Sites de Grand Intérêt Biologique (SGIB). Cette désignation ne correspond pas à un statut de protection au sens légal mais plutôt à un inventaire scientifique du patrimoine biologique. Ce système reprend ainsi toutes les informations biotiques et abiotiques des dits sites et les données utiles à leur gestion journalière. Parmi les SGIB présents sur Theux cependant, certains ne font l’objet d’aucun projet de restauration ou d’entretien, c’est là qu’ADN intervient.

Objectifs d’AD&N

AD&N souhaite s’investir pour protéger, restaurer et maintenir en bon état de conservation les sites naturels ou semi-naturels d’intérêt biologique sur Theux et les communes voisines.

Actuellement, nous participons à la gestion de plusieurs réserves naturelles sur la commune :

  • la réserve naturelle agréée du Rocheux, un site calaminaire également repris en Natura 2000, en apportant notre aide à Mr JF Hermanns, gestionnaire du site pour Ardenne & Gaume. La gestion consiste à maintenir et à donner un essor à l’habitat calaminaire, c’est-à-dire à maintenir le milieu ouvert par la fauche avec exportation de la matière organique ainsi qu’à « forcer » le milieu à garder ses caractéristiques calaminaires grâce à des étrépages localisés. Ces pratiques permettront de garder l’aspect esthétique du site et de maintenir l’habitat en place avec les espèces végétales et animales associées.

  • la carrière de Spixhe (en bordure du site Natura 2000 du Staneux). Ce site jouxtant le pompage « La Clémentine » est particulièrement intéressant pour, entre autre, deux espèces de serpents : la Coronelle lisse Coronella austrica et la Couleuvre à collier Natrix natrix. Ces deux espèces sont considérées comme « vulnérables » en région wallonne (selon les critères de l’U.I.C.N., c’est-à-dire qu’elles sont confrontées à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage).
    Actuellement, ce site se reboise naturellement ce qui ne permet pas, à terme, le maintien des populations de ces reptiles qui ont besoin de zones dégagées, rocailleuses et de broussailles. En deux ans, nous avons déjà passé près de 6 journées à gérer ce milieu grâce à l’accord et au soutien communal à qui appartient ce site.
    Les travaux réalisés et restant à faire sont :

    • le recépage des jeunes arbres sur le reste du talus et le terre-plein
    • le recépage des arbustes de la friche entre le talus et la voie ferrée. La superficie de cette friche diminue d’année en année suite à la recolonisation arbustive et à la progression des ronces.
    • endiguer la progression de la ronce sur le terre-plein et à l’intérieur de la carrière
    • broyer les rémanents au besoin.

  • le thier du gibet
  • la carrière de Mont
  • la réserve naturelle du Wayot
  • Sassor

Ces gestions dans ces milieux demandent du matériel conséquent : remorques, big bag, tronçonneuses et cie, débroussailleuse à lames, outillage divers de jardins, …
Vous pouvez nous aider :
– en participant à nos gestions. Voir notre agenda des activités
– par des dons matériels (outils,…) ou financiers